• La tendance… et ensuite ?

Jean Cocteau a dit : « La mode c’est ce qui se démode »

Coco Chanel a dit: « La mode se démode, le style, jamais »

Allez, merci Coco.

Faut-il suivre LA ou les tendances en matière de création graphique ? Est-ce une bonne, une mauvaise, ou une chose neutre ? Ce n’est évidemment pas un débat philosophique sur lequel discourir pendant des jours, mais qu’importe, la question mérite d’être posée; même si en graphisme, cela a moins de répercussion qu’en style vestimentaire (davantage à envisager dans une perspective de discrimination possible. Mais c’est un autre sujet). Il y a pourtant quelques similitudes, il semblerait que tout se tient.

 

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Prenons un exemple stylistique +ou- actuel : Le Flat design ou une sorte de « renouveau minimaliste » (eh oui, on invente plus jamais rien, on remixe, on se souvient, on récupère) renvoyant le Skeuomorphisme dans les oubliettes d’Apple. Un processus en marche. Alors que ce dernier était sensé nous impressionner par ses textures diverses et variées, voilà que la mode en vogue interférait, avait déjà pris la tangente, et se déclinait au Futur en un design plat, minimal, totalement épuré et généralement accompagné de couleurs quelque peu « délavées » (d’aucun diront éteintes, c’est souvent l’impression que les gens ont lors de leur première confrontation avec ce style graphique), ou d’une palette de couleurs assez vives, mais réduites.

 

Suivre les tendances en graphisme, web design, typographie ou même illustration, nous ferait-il tomber dans une uniformisation graphique et visuelle « consentante », décidée par des cerveaux endoctrinant nos envies, codes de consommation et de communication ? (Oui ? Non ? Peut-être ? Ne sait pas ? Relativisons? Sans avis ? Autre?). Pour ma part, et uniquement à propos de l’imagerie, aimant la sobriété des lignes claires en graphisme, j’ai répondu (juste pour moi-même) à cette question.

 

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Voici (re)venu le temps des polices de caractères moins « pompeuses », plus dépouillées, plus nettes, et favorisant grandement la lisibilité (sur le web du moins ; pour l’impression, c’est selon le projet) ; place aux lettrages « sans serifs » (sans empattements, sans ornements, ndlr).

 

Le fait est que le laps de temps entre le « in » et le « out », ou, pour le dire plus clairement, entre la « mode » et le « ringard » (le méchant terme, on dit désuet) devient de plus en plus court, même en matière de d’esthétique graphique. Est-ce à dire que chaque élément graphique doit se subordonner au diktat d’un référentiel, transitoire et arbitraire, commun à un petit groupe « d’initiés » du webdesign (souvent de mauvais goût, mais que n’inventerait-on pas pour être « dans le vent ») ? Doit-on passer par le filtre de la tendance afin de ne pas se décrédibiliser, visuellement parlant ?

 

La création s’uniformise et le design graphique suit la tendance. Pourquoi? Parce que c’est comme ça, point. (c’est terrible, non ?) Alors, où se trouve l’équilibre fragile  entre renouveau et ridicule? Telle est la question graphique! A chacun sa lecture, sa réponse et sa légitimation.

Mais peut-on trouver « ringard » et « démodé » Rembrandt, Michel-Ange, Vermeer, Rubens (bon, lui, parfois ;)), Mozart ou Chopin ? La mode passe, oui… Mais le Vrai ?

 

Allons, pour finir, la tendance est déjà passée pour le Flat, depuis quelques temps est venu le tour du Material Design. Et oui, ca va vite, je vous l’avais dit!

 

– Et puis il se passe quoi, si j’aime toujours le lettrage Times New Roman?

– Euh, rien, tu n’es juste pas un fashionista!

– Ah bon.

– Tu assumes ta différence?

– …

 

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En lien avec le sujet:

→ Pourquoi changer d’image? La refonte graphique

→ Une astuce pour choisir une couleur

→ Une charte graphique, kesako?

 

 



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